C’est la saison, mais pourquoi le changement est inévitable ?

Comment va le moral cet automne?

Ça y est c’est l’Automne. Il fait plus froid, il pleut, il y a du vent, on range les robes d’été et les chemisettes. On allume le chauffage, on enfile les impers. Depuis quinze jours, je repousse le moment où je dois me mettre au travail. Je procrastine, je râle, je suis morose… Oui, c’est clair, mon moral change. Je me pose la question, pourquoi ma motivation change? Comment garder une motivation constante? Et si je ne l’ai plus, comment retrouver la motivation ?

Photo CreditQConnan Flickr

Cet été j’étais “tout feu, tout flamme” : J’ai lancé mon compte Instagram, ma page Facebook, j’ai restructuré les pages de mes offres de coaching sur le site internet, j’ai écrit des articles, noué des partenariats. J’avais de l’énergie à revendre, j’étais dans un état de grâce, j’allais de l’avant ! J’adorais me lever tous les jours et me mettre au boulot. Et puis, insensiblement, petit à petit mon moral a commencé à flancher.

Je m’agace contre moi-même, je m’impatiente, je suis indécise… Quel est le sujet que je veux traiter avec vous ce mois-ci : est-ce que je vais vous parler de « transition professionnelle », ou plutôt de « changement » ou de “reconversion”?  Je suis indécise, je me questionne, ce que je croyais être bien ne me paraît plus aussi lumineux. Bref, c’est l’Automne. 

“Dis donc ça n’a pas l’air d’aller !

Une amie m’a dit “tu es sûre que tu veux exposer tes doutes à tout le monde?” Un autre ami, m’a élégamment formulé son objection en me disant « Pas sûr que pour votre promotion il faille développer cette morosité ou vous auto-flageller quant à vous doutes ».

Eh bien oui, je suis sûre que ce que je raconte ici est très encourageant. Pourquoi ? Parce que nous avons tous des hauts et des bas. Et c’est normal. C’est aussi normal que le soleil qui lève et se couche jour après jour ou le changement des saisons.

L’état psychologique et affectif constant, ou une motivation continue et permanente n’existent pas. Nous changeons constamment d’humeur, notre énergie varie inlassablement, bref, “il n’existe rien de constant si ce n’est le changement” (Bouddha)!

Donc oui, c’est encourageant de dire : « moi aussi parfois je doute ». Car c’est le questionnement qui fait progresser, et c’est cette réflexion qui me fera sortir du doute. Ce n’est certes pas une phase agréable du processus, mais même si « Le monde déteste le changement, c’est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser » (Charles F.Kettering)

Enfin, vous savez tous qu’il n’y a pas de « hauts » sans « bas ». Et une baisse de moral peut aussi être porteur d’espoir car bien souvent  « Un changement en prépare un autre » !

Les cycles de changement – La Roue de Hudson

Quelles sont ces baisses de motivations, ces changement saisonniers ? Ce que je suis en train d’expérimenter, c’est la réalité qui est devenue la norme depuis quelques décennies déjà.  Ces moments de transitions que les professionnels du coaching connaissent sous le nom de La Roue de Hudson.  

Frédéric Hudson, expert en formation et développement d’adultes et professeur à l’université de Columbia aux États-Unis, est philosophe, pédagogue et écrivain. Il est considéré comme l’un des pères du coaching, et propose une théorie sur le changement continu à l’intérieur et autour de nous.

Avec l’émergence des nouvelles façons de travailler, le nouvel environnement technologique, économique, social et environnemental, nous sommes dans une période où le changement constant est devenue la norme. Ces environnements extérieurs en changement permanent se ressentent à l’intérieur. Tout le monde éprouve des moments d’euphorie, d’énergie haute, puis de marasme et de questionnement. Vous, moi, notre boss, notre voisin de bureau.

En tant que coach certifiée, je travaille avec vous pour identifier la phase du changement dans lequel vous êtes et vous propose un accompagnement adapté à votre problématique. Vous pouvez aussi les identifier vous-même, de la même manière que je viens de le faire en début de cet article. 

Les deux grandes parties de la vie

Notre vie n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est constituée de moments que Hudson appelle « Chapitres » au cours desquels le monde nous paraît stable, faite de réussites et d’actions. Nous sommes tournés vers l’extérieur, c’est une partie dynamique et conquérante. Nous avons de l’énergie à en revendre, nous sommes en « position d’énergie haute ». 

Les cycles du changement – la roue de Hudson

Et d’autres fois, nous traversons des moments plus chaotiques. Ces périodes sont faites de tâtonnements, d’échecs, d’essais et de ressourcements. Ce sont les phases de « transition » de vie, ou les « passages » ou les « restructurations ».  C’est une phase pendant laquelle, on prend du recul, de la distance avec la situation et aussi celle où nous nous interrogeons. Nous nous décourageons vite, nous sommes en « position d’énergie basse ». 

Un cycle de vie : les 4 saisons

D’après Hudson dans sa théorie du changement continu, ces moments d’énergies hautes et basses se divisent chacun en deux parties. Ces quatres phases se combinent pour construire le cycle dynamique de la motivation. Ces quatre phases se succèdent aussi certainement que les quatre saisons. 

La Phase 1 – l’Été – Alignement – C’est parti !

C’est l’état qu’on retrouve en début de projets professionnels ou même de nos relations. Nous sommes dans une belle énergie haute et positive. La joie, dynamisme, envie, mille idées à la minute caractérise cet état. 

La joie de l’alignement – l’été Photo by Dora Pete FreeImages

C’est ce que je vivais cet été, tout à mes projets de lancement de ma communication. C’est le nouveau job où tout se passe à merveille, un nouveau boss, un nouveau projet. Vous vivez ou vous revivez. 

C’est le moment de réaliser des objectifs, consolider l’existant et préparer la phase suivante. C’est la période où nous sommes alignés dans nos valeurs ; nous faisons ce que nous aimons, comme nous aimons et avec les personnes que nous apprécions.

La phase 2 – l’Automne – La désynchronisation – Le marasme

Tiens, des petits grains de sables font grincer la machine si bien huilée de la première phase ? Vous vous sentez en énergie haute mais négative. Nous découvrons des défauts dans ce qui nous paraissait parfait. Nous ressentons des émotions proches de la colère, de l’agacement, de l’insatisfaction. Ces émotions sont des indicateurs qu’il est important de prendre en compte. Allez chercher la source de vos agacements et de vos insatisfactions. 

L’agacement de l’automne Photo by Derek Kimball FreeImages

C’est la situation où je me trouvais en début d’article. C’est vous au bout de quelques mois dans ce job de rêve où vous vous rendez compte que le boss a un agenda qui n’est pas si clair, que les collègues ne sont pas aussi collaboratifs et que les objectifs pas aussi SMART que ça. 

Pour sortir de cette situation et retourner à la phase 1, il faut faire le point sur ce qui va bien ou moins bien. Redéfinir les objectifs. Faire émerger les difficultés et tenter d’y apporter des solutions. Vous centrer sur ce qui va bien. Si vous arrivez à vous satisfaire de cette nouvelle façon d’appréhender la situation, vous allez retourner à la phase 1, en « été ». Cela aurait été qu’un petit nuage dans un ciel encore bleu, une « mini-transition ». Quand ce retour en arrière n’est pas possible, c’est qu’un cap est franchi, nous passons à la phase 3.

Phase 3 – l’Hiver – Le désengagement – le « Cocooning »

Les branches des arbres sont nues, les champs vides, la nuit tombe tôt. Nous n’avons envie de rien, nous sommes fatigués, mélancoliques. C’est le passage d’une énergie haute négative à une énergie basse et négative. Nous réduisons nos interactions, nous nous retirons, c’est le désengagement. Nous ressentons des émotions de tristesse, de lassitude, du vide, de la solitude. 

Le désengagement de l’hiver

Pour certains, c’est quand l’étape d’aller au travail devient synonyme de la boule au ventre. Parfois ils n’y vont plus du tout. En discutant avec votre entourage, vous vous rendez compte que ce job ne vous convient plus.  Chagrin, douleur, découragement, peur repli sur soi sont nos lots quotidiens. C’est un moment de grand hiver, c’est un véritable temps de transition, un entre deux, avant de renaître ? Oui, car au cœur de l’hiver, la semence se prépare bien cachée au fond de la terre. Mais avant il nous faut trouver ce qu’il faut changer vraiment pour repartir. 

Pour certains qui sont enfoncés au fond de l’hiver, c’est le moment de débuter une thérapie, de s’entourer de proches, de méditer. Pour tous, c’est le moment de trouver un accompagnement adapté à ses besoins. Ne pas rester seul. Prendre soin de soi. Accepter d’avancer à petits pas. Noter et reconnaître ses besoins non satisfaits. Identifier ses valeurs qui sont à la source de la motivation. Lever vos freins, changer vos croyances et vos a priori sur le monde et sur vous-même. Réfléchir à un changement professionnel, à un changement de vie. Sous la neige, c’est une véritable renaissance qui se prépare. 

Phase 4 – Le Printemps – Réintégration – Expérimentation

Vous sentez ces frémissements ? Vous voyez ces branches qui verdissent, vous sentez cet air qui tiédit en cours de journée ? C’est le Printemps. La nature se réveille doucement et timidement reprend des forces, comme nous. Notre énergie est encore basse, mais elle est désormais positive et nous fait tourner vers l’extérieur.  Nous avons retrouvé ce qui nous motive, ce qui est important dans notre vie, nos valeurs, nos buts personnels. Nous entrons dans une phases où nous commençons nos phrases avec des « Et si je faisais… », ou bien « J’aimerais bien faire.. ». Nous avons à nouveau envie d’agir, faire, apprendre, expérimenter. Parfois c’est encore trop tôt, et nous devons accepter si nécessaire de retourner en hiver, « travailler encore la terre ».

Mais petit à petit, et sûrement nous éprouverons à nouveau de la joie, de la curiosité, de la légèreté et de l’intérêt pour ce qui nous entoure.  C’est le moment de l’espoir. 

Le renouveau du printemps Credit domit Flickr

C’est le moment de tester les solutions étudiées, développer des compétences pour aller vers les changements souhaités, repérer les options possibles, rencontrer du monde, élaborer des idées, échanger, monter de nouveau projets… nous montons en énergie. Nous rayonnons. Bravo !  Nous entrons dans un nouveau chapitre, l’été est là ! 

Dans quel état j’erre ? 

Voilà, vous pouvez maintenant répondre dans quel état est votre motivation professionnelle ou personnelle. Ajoutons quelques précisions : il peut y avoir des aller-retours entre les phases, le cycle de Hudson n’est pas toujours linéaire. Les mini-transitions entre l’été et l’automne sont fréquents. Toutes ces mini-transitions ne débouchent pas sur des bouleversements. Vous pouvez par exemple changer de mission ou de périmètre de responsabilité ou de projet sans changer d’entreprise. Vous pouvez changer d’entreprise sans changer de métier.

Pour identifier la phase dans laquelle vous êtes actuellement faites un exercice rapide. Quelle est votre énergie ?

  • Haute positive, joie, envie, dynamisme vous êtes en été, phase 1
  • Haute négative, agacement, insatisfaction, l’automne, phase 2
  • Basse et négative, envie de rien, fatigue, mélancolie, tristesse, l’hiver, phase 3
  • Basse et positive, curiosité, envie de faire et d’agir retrouvées, printemps, phase 4

Bien sûr nous sommes tous différents et nous réagissons tous différemment. Chacun d’entre nous réagit à sa façon, et cette façon de réagir peut aussi changer en fonction de notre âge ou des moments différents de notre vie.

Vous savez maintenant identifier dans quelle phase du cycle de Hudson vous êtes professionnellement ou personnellement.

Comment vous y sentez-vous ?

Avez-vous envie de changer ?

De quoi avez-vous besoin pour profiter au maximum de cette phase ou passer à la suivante ?

Les réponses sont en vous.

Si vous avez besoin d’aide pour y voir plus clair, contactez un coach !

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